L’air est humide, encore cette fois.
La brume adoucit les lumières et les sons, fait disparaitre l’horizon, nous isolant dans un autre monde.
L’impression d’être seuls, oubliés de la réalité pourtant si proche.
soleil et courants d’air
Achtung! la suite:
Arrivé par le train de 10h49, reparti vers 16h30…
On trouve facilement sur le net des informations sur ce complexe hospitalier. Les premiers bâtiments sont sortis de terre à partir de 1898. Initialement dédié aux maladies pulmonaires, il fut, au grès des évènements politiques, utilisé comme hôpital militaire allemand puis soviétique. Au fil du temps, de nouveaux bâtiments se sont ajoutés, jusqu’à étendre le site sur plus de deux cents hectares.
On s’attendait donc à y passer quelques heures, mais là… je n’avais encore jamais parcouru un site aussi vaste.
Le lieu à été abandonné à partir de 1995 mais le fait que certains des bâtiments soient encore difficiles à pénétrer permet de découvrir des pièces relativement bien conservées.
Le plus grand édifice (qui était dédié à la chirurgie), semble être celui qui a été le plus fréquenté. De ce fait, il a été largement dégradé et perd de son intérêt face à ceux du sud qui eux sont relativement bien restés dans leur jus.
L’entrée dans les grands bâtiments au sud ne nous a pas été facile, il a fallu ruser et parfois passer par les souterrains. On s’est donc retrouvé à découvrir les sombres galeries, où régnait une température d’environ 10°C (en plein été) et où subsistent des inscriptions en russe laissées par les anciens occupants. Dépaysant!
Rupella

pause-déjeuner
12h – 14h, c’est la pause-déjeuner pour quiconque mène une vie réglée. Pour nous, ce jour là, c’est un espace-temps qui nous ouvre une opportunité.
Le décors est planté au milieu d’une zone faite de bureaux et d’immeubles. On dénote dans le paysage, l’arrivée se fait aussi discrètement que possible.
L’endroit nous est inconnu, nous sommes cette fois venus en touristes dans cette jungle mais cependant confiants… On se repose sur notre guide qui connait bien les lieux.
Les non-initiés patientent pendant la promenade de l’éclaireur qui précède l’entrée en scène. Dans cette grande ville, il parait même qu’ils se cachent parfois à l’intérieur des rames pour pouvoir te surprendre sur le fait, du jamais vu pour nous. Mais là, personne, la voie est libre!
Personnellement j’affectionne davantage la nuit, notamment pour son atmosphère et ses jeux de lumière, mais j’avoue que les plans journée, d’un point de vue photographique, sont souvent plus facile à gérer. Une seule source lumineuse, c’est en général plus simple et ça permet des possibilité différentes.
Cependant, une fois réglé ce problème de la lumière, faut-il encore que l’endroit se prête bien à la chose: c’est la deuxième difficulté. Etre « coincé » entre deux wagons ça limite les possibilités, mais il faut faire avec, s’adapter, composer. C’est là tout l’enjeu.
On referme soigneusement le grillage, histoire de préserver le lieu, même si les cadavres d’aérosols reposant au sol laissent présager que nous ne sommes pas les seuls pèlerins à s’y être rendus.
Riviera Ligure

M12
« Bonjour, on vient pour la visite. C’est bien ici ? »





« ¡Hola! »

Willkommen im Spreepark
En 1969, la République Démocratique Allemande a construit près de la rivière Spree sur une superficie de presque 30 hectares son premier parc d’attractions dans le quartier de Plänterwald à Berlin.
Spree-park Plänterwald a attiré jusqu’à 1,7 million de visiteurs par an jusqu’en 1989 (année de la chute du mur).
Un réaménagement du parc est effectué à partir de 1991, plusieurs plans d’eau y sont installés ainsi que des montagnes russes et différents manèges.
A partir de 1999 le parc accuse d’importantes dettes. L’augmentation du prix de l’entrée ainsi que le manque de stationnement aux alentours contribuent à la baisse des fréquentations jusqu’en 2002 où le parc est déclaré en faillite laissant une dette de 11 millions d’euros.
Depuis presque dix ans ce parc est donc livré à lui-même au milieu de la forêt.
L’endroit est bordé par des chemins et les marcheurs allemands y sont plutôt nombreux. Les quelques panneaux faisant référence à une société de gardiennage ne sont là que pour la forme, mais il nous aura fallu un moment pour en être sûr.
Une fois à l’intérieur, on peut voir que la nature reprend tranquillement ses droits. Les arbres poussent de toutes parts et leurs racines ne tarderont pas à percer le sol des quelques bâtiments. La grande roue qui grince au gré du vent est impressionnante avec ses 45 mètres de haut.
On croise quelques curieux qui comme nous viennent découvrir l’endroit. Les attractions sont relativement conservées mais on ne peut pas en dire autant de la salle de jeux où seul un flipper Jurassic Park trône au milieu de la pièce, sous un plafond symbolique.


samedi, jour de pluie
Samedi, jour de pluie, on passe par-dessus la barrière sans faire de bruit.
Garée un peu à l’écart, une rame attend la casse.
On sait pertinemment qu’une fois condamnée elle n’a plus beaucoup de valeur aux yeux des initiés, mais tant pis, ça sera pour la photo et pour le ressenti, au final c’est tout ce qui compte dans ce jeu.
Quelques minutes à l’intérieur, on visite les lieux et on sonde le terrain qui nous entoure en attendant une accalmie. Rien à l’horizon. Qui oserait pointer son nez dehors par un temps pareil? L’impression d’être seuls au milieu du dépôt nous traverse rapidement puis la vigilance reprend le dessus.
La pluie s’interrompt enfin quelques instants, les artistes entrent en scène, la pièce peut commencer.
Par chance, le vent a conservé une face de la rame presque au sec, les couleurs y restent fixées. Protégé des intempéries sous sa capuche, il prend son temps, le geste est assuré.
Moi, sac plastique autour de l’objectif, au rythme des averses, j’alterne entre l’intérieur et l’extérieur du wagon. Le manque de recul et ce sale temps n’ont pas que des mauvais côtés en fin de compte, ils me poussent à faire différemment, alors je cherche un bon angle à travers les vitres. En équilibre debout sur les sièges, j’essaye de rester fixe pour éviter le flou. La composition est parfois compliquée car la lumière n’est pas là pour jouer avec moi aujourd’hui.
Après une vingtaine de minutes la pluie s’est arrêtée, on plie bagage.
Une dernière photo, un dernier coup d’oeil avant l’adieu au monstre de métal.
Les averses passent, les nuages défilent, les souvenirs resteront…
« Hallo! »

J’espère te revoir bientôt…