inspection générale

On avance à tâtons. Au loin tout semble paisible, pas un chat… On s’en étonnerait presque.
A mettre un pas devant l’autre, on s’enfonce de plus en plus dans le dépôt, jusqu’à atteindre la porte du premier atelier. Une fois à l’intérieur je prends quelques secondes pour apprécier la magie de la scène, des lumières et des couleurs. Tout est silencieux, comme endormi.
A l’extérieur, la nuit tombe, nous offrant ce ciel d’un bleu profond. Ce bleu magnifique qui ne dure que l’espace de quelques minutes et qui nous incite à déambuler sans bruit entre les Z2.

Je grimpe dans un wagon ouvert, face à moi mon collègue prend des photos en contrebas, je tourne alors la tête et vois arriver vers nous une paire de jambes fluos! Le temps de prévenir discrètement mes acolytes, elles ont disparu. « Ai-je rêvé ? »
On quitte les lieux au bout d’une heure, un peu frustrés de ne pas avoir pu mener notre inspection jusqu’au bout, mais surtout sans comprendre comment cet employé n’a pas pu nous voir, face à lui, en pleine lumière… Peut-être parce que nous avançons en silence…


 

le haut du Haut

Tel un pèlerin venu sur un lieu sacré, je retourne dans le haut du Haut!

On entend dire de cet endroit qu’il fut l’un des plus cartonné de France à une certaine époque, il y aurait maintenant plusieurs années.
Mais aujourd’hui les choses ont bien changé. Le grand grillage électrique, ajouté à une autre couche de grillage et au passage du maitre-chien dissuade les plus téméraires.




 

Xynthia, deux ans après

La tempête Xynthia a frappé la France dans la nuit du 27 au 28 février 2010 faisant 47 victimes et causant de nombreux dégâts matériels.
La conjugaison de vents violents (rafales de plus de 160km/h par endroits), d’un fort coefficient de marée (102) et de la pleine mer a provoqué de fortes inondations dans les communes qui bordent l’océan.
La route de la plage située sur la commune d’Aytré (Charente-Maritime) a été particulièrement touchée.
Cette route, bordée d’habitations est dans une cuvette naturelle formée d’un côté par une digue et de l’autre une voie ferrée. Les eaux qui s’y sont engouffrées durant la nuit n’ont donc pas pu s’évacuer, faisant ainsi grimper le niveau jusqu’à deux mètres par endroits.

Aujourd’hui ce site ressemble à un village fantôme. Malgré leur mécontentement et les recours en justice, la plupart des habitants ne sont pas retournés y vivre, laissant ainsi les habitations livrées à la nature, aux pilleurs et aux vandales.

Le reportage complet est à visionner ici : Xynthia, deux ans après








 

soleil et courants d’air

Achtung! la suite:

Arrivé par le train de 10h49, reparti vers 16h30…

On trouve facilement sur le net des informations sur ce complexe hospitalier. Les premiers bâtiments sont sortis de terre à partir de 1898. Initialement dédié aux maladies pulmonaires, il fut, au grès des évènements politiques, utilisé comme hôpital militaire allemand puis soviétique. Au fil du temps, de nouveaux bâtiments se sont ajoutés, jusqu’à étendre le site sur plus de deux cents hectares.
On s’attendait donc à y passer quelques heures, mais là… je n’avais encore jamais parcouru un site aussi vaste.

Le lieu à été abandonné à partir de 1995 mais le fait que certains des bâtiments soient encore difficiles à pénétrer permet de découvrir des pièces relativement bien conservées.
Le plus grand édifice (qui était dédié à la chirurgie), semble être celui qui a été le plus fréquenté. De ce fait, il a été largement dégradé et perd de son intérêt face à ceux du sud qui eux sont relativement bien restés dans leur jus.
L’entrée dans les grands bâtiments au sud ne nous a pas été facile, il a fallu ruser et parfois passer par les souterrains. On s’est donc retrouvé à découvrir les sombres galeries, où régnait une température d’environ 10°C (en plein été) et où subsistent des inscriptions en russe laissées par les anciens occupants. Dépaysant!

 

pause-déjeuner

12h – 14h, c’est la pause-déjeuner pour quiconque mène une vie réglée. Pour nous, ce jour là, c’est un espace-temps qui nous ouvre une opportunité.

Le décors est planté au milieu d’une zone faite de bureaux et d’immeubles. On dénote dans le paysage, l’arrivée se fait aussi discrètement que possible.
L’endroit nous est inconnu, nous sommes cette fois venus en touristes dans cette jungle mais cependant confiants… On se repose sur notre guide qui connait bien les lieux.
Les non-initiés patientent pendant la promenade de l’éclaireur qui précède l’entrée en scène. Dans cette grande ville, il parait même qu’ils se cachent parfois à l’intérieur des rames pour pouvoir te surprendre sur le fait, du jamais vu pour nous. Mais là, personne, la voie est libre!

Personnellement j’affectionne davantage la nuit, notamment pour son atmosphère et ses jeux de lumière, mais j’avoue que les plans journée, d’un point de vue photographique, sont souvent plus facile à gérer. Une seule source lumineuse, c’est en général plus simple et ça permet des possibilité différentes.
Cependant, une fois réglé ce problème de la lumière, faut-il encore que l’endroit se prête bien à la chose: c’est la deuxième difficulté. Etre « coincé » entre deux wagons ça limite les possibilités, mais il faut faire avec, s’adapter, composer. C’est là tout l’enjeu.

On referme soigneusement le grillage, histoire de préserver le lieu, même si les cadavres d’aérosols reposant au sol laissent présager que nous ne sommes pas les seuls pèlerins à s’y être rendus.